Alitalia : le PDG d'Air France-KLM quitte la table des négociations
LEMONDE.FR avec AFP | 02.04.08 | 21h08 • Mis à jour le 02.04.08 | 21h28
e PDG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a rejeté, mercredi 2 avril à Rome, la contre-proposition des syndicats d'Alitalia, la compagnie aérienne italienne au bord de la faillite. "M. Spinetta a rejeté la proposition et a quitté les négociations", a déclaré Guido Barcucci, responsable syndical FILT-CGIL. Le groupe franco-néerlandais a indiqué que "les conditions d'une poursuite des négociations avec Alitalia n'étaient plus réunies", dans un communiqué. "Je prends acte avec regret de la rupture des négociations qui n'est pas de notre fait. C'est un projet auquel je croyais profondément et auquel je continue de croire", a ajouté pour sa part M. Spinetta.
Les syndicats d'Alitalia demandent à Air France-KLM de conserver l'intégralité des activités de la compagnie. En contrepartie du maintien total des activités, ils proposent la participation de la holding publique italienne Fintecna à l'augmentation de capital envisagée par Air France-KLM, afin que la compagnie franco-néerlandaise puisse limiter son engagement financier à 1 milliard d'euros.
Le groupe franco-néerlandais propose quant à lui d'abandonner à terme l'activité cargo et une partie de la maintenance. D'après l'agence ANSA, M. Spinetta a toutefois indiqué qu'il soumettrait les dernières propositions au conseil d'administration, a déclaré une source syndicale. Celle-ci a ajouté que, de l'avis du patron d'Air France-KLM, il y avait peu de chances pour qu'elles soient acceptées.
"SOMBRE SCÉNARIO"
La première conséquence de cette rupture a été la démission du président d'Alitalia, Maurizio Prato, qui soutient le plan d'Air France-KLM. "Un conseil d'administration est convoqué pour [jeudi] qui décidera des mesures opportunes", écrit Alitalia dans un communiqué.
L'échec des négociations intervient en dépit de la mise en garde du gouvernement. "Si l'offre d'Air France échoue, l'unique proposition d'achat disparaît" et le recours au placement sous administration extraordinaire impliquant une douloureuse restructuration sera inévitable, a averti le ministre de l'économie, Tommaso Padoa-Schioppa, lors d'une audition devant les députés.
En cas d'abandon définitif du rachat, Alitalia serait probablement placée sous la loi Marzano, utilisée en 2004 lors du krach du groupe agroalimentaire Parmalat. Cette loi prévoit la nomination d'un commissaire extraordinaire chargé d'étudier une éventuelle restructuration du groupe ou la mise en faillite. Les faillites de la suisse Swissair et de la belge Sabena "donnent une idée du sombre scénario que serait une liquidation", souligne le ministre de l'économie.


